chapitre 16 Promenade au parc

illustration: yukiryuuzetsu

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Chapitre XVI

Promenade au parc

– «Salut les filles! Bonjours Catherine!»lança le conducteur quand elle grimpa par la porte avant. «Tu est venue avec une copine ?»
Coco rit et Pierre pouffa derrière le masque à fleurs. Le conducteur eu un regard de haut en bas sur lui et Pierre sentit, alors qu’il suivait Coco au fond du car, le coup d’œil rapide sur ses rondeurs arrières. Ils croisèrent une dame âgée sur la rangée de droite et un homme pas encore vieux en tenue d’ouvrier agricole assis au bord de son siège, ses yeux glissèrent sur Pierre du ventre jusqu’aux pieds et puis remontèrent au visage, il se retourna pour le voir de dos dans l’allée. Les deux s’assirent sur la banquette arrière. Pierre sentit le frottement du cuir derrière les cuisses. Il se tenait droit, un peu cambré : Coco lui avait finalement serré dans le dos un corset en toile de chanvre qui restait mieux en place que le juste au corps, il se terminait sur le haut par deux demi-coquilles qu’on avait garnies de balles de tennis, Pierre serra les cuisses. La campagne défilait doucement en sautillant, on rebondissait sur le siège en franchissant les creux et les bosses de la route. Le clocher de l’église de Montaban surgit d’un coup après la colline et Coco sortit de son petit sac à dos un filet à mailles étroites dans lequel elle fourra sa chevelure, sortit une paire de bottines avec des gros lacets et des semelles épaisses. Ils dépassèrent le petit bois des Phalempins, «C’est comme ça qu’on l’appelle.» lui avait elle dit. Le car s’arrêta en ville près du conservatoire de musique, ils y descendirent. Une petite voiture de police était en stationnement et deux agents interpelaient les passants. Les ayant vu descendre l’un deux s’approcha et leur demanda de où ils venaient:
– « Vous avez des papiers sur vous ? Vous habitez où ?»
C’est Coco qui portaient les papiers pour les deux dans une poche fermée avec des boutons, elle les tendit au policier. L’agent dévisagea Coco en observant les pièces d’identité.
– « C’est vous Pierre ? »
– « Non, c’est lui ! » L’agent se tourna vers Pierre, soupçonneux :
– « Vous êtes de sexe masculin ? » Le regard se déplaçait des pieds à la tête et de la tête aux pieds. Pierre se tenait légèrement déhanché avec un bras en corbeille ; il remua légèrement le bassin en souriant derrière le masque et dit :
– « Ben oui ! » L’agent entendit un pouffement de rire et vit le masque de Coco qui se gonflait , il rendit les papiers.
– « Faites attention les déplacements seront sans doute limités dans les jours qui viennent, je vous conseille de rentrer chez vous, ça pourrait devenir problématique. » L’autre consultait les papiers de Coco :
– « Celui là est de sexe féminin ! » Ils se regardèrent l’un l’autre ahuris et se transformèrent en Dupont et Dupond comme dans « Tintin au pays de l’or noir » : leurs cheveux, ou ce qu’il en restait, étaient devenus verts. Coco se retourna et se cambra un peu en appuyant les mains sur les reins et tourna la tête en arrière comme une biche :
– « Ben oui ! Moi non plus ! ». Les policiers côte à côte rendirent les papiers. L’un des deux écarta un bras et toucha négligemment le ventre de son collègue.
– « Hé là ! »
– « excusez moi, chef ! »
Pierre et Coco se dirigèrent vers le parc. Coco marchait comme un mec avec ses chaussures de mec, elle avait saisi la main de Pierre. Les agents lorgnèrent le couple comme médusés. Les portes du bus se refermèrent. En passant devant la fontaine, Pierre se retourna, un petit groupe criard, du genre pas encore des hommes mais qui veulent en être, gesticulait sous les arbres. L’un deux les montra du doigts et l’on entendit ricaner. Le parc était à quelques pas avec une entrée à l’ancienne: deux grandes grilles ouvertes avec des liserons en fer forgé. Les rosiers étaient en fleurs, les jonquilles aussi. Le muguet pointait son nez, l’air en était imprégné. Ils marchaient dans l’allée principale, Coco balançaient nonchalamment les pieds entraînés par le poids des chaussures et progressaient à grandes enjambées comme un général inspectant les troupes en rangs, Pierre l’accompagnait plus légèrement, la semelle des sandalettes n’était pas très épaisse et il posait le talon sans entamer la terre rouge. Et c’est ainsi que Coco remarqua le point de détail qu’elle avait omis : les orteils ! Ils passaient devant un banc, cette sorte de bancs de parc encore très répandus faits de longues lattes de bois à section carrée qui transforment les rêveurs en zèbre quand on vient de les repeindre et d’un dossier cambré en scoliose. Ils s’y assirent et Coco sortit de son sac une petite boite avec un couvercle transparent et un flacon qui dégagea une odeur sucrée quand elle l’ouvrit. Ils se regardaient assis de guingois et Pierre avait tendu une jambe sur les genoux serrés de Coco, elle lui tenait le talon et appliquait méticuleusement le vernis sur les ongles que Pierre avait l’habitude de garder courts à cause du judo. Le petit groupe aperçu devant la fontaine passa devant eux, ils étaient quatre et progressaient les mains au fond des poches, traînant les pieds comme des pingouins. Leurs regards se fixèrent sur les cuisses découvertes de Pierre.
– «Tu est allé où à l’école primaire?»
– «À Saint Exupery derrière le canal»
– «Dans le quartier du flocon?»
– «Oui, pourquoi? »
– «Tu jouait avec les filles à la récré?»
– «Pas beaucoup, au CP oui, mais plus après, nous les garçons on jouait au foot ou on se battait, pour être des grands. C’est comme ça que j’ai commencé le judo. »
– «Alors tu sais pas sauter à l’élastique?»
– «Si, un peu, à cause de la gymnastique.»
– «Et tu connais les comptines qui vont avec? »
– « Euh… »
– «Ouè des trucs comme: une souris vert-teuh… »
– «Ah oui mais ça c’était à l’école maternelle avec la maîtresse!»
– «Bon, ouè, on fait comme si j’étais ta maîtresse d’accord?»
– «T’es habillée en homme! »
– «Bon alors je suis maître d’école maternelle, il y en a qui le font tu sais, et je t’apprends une comptine, d’accord? Répète: je me promène dans le bois… »
– »Je connais, qui est-ce qui connaît pas ça? »
– «Alors chante le! » Ils se remirent à marcher et Pierre se mit à chanter « Je me promène dans les bois pendant que le loup n’y est pas … » son allure changea, sans le vouloir il avait fait un pas de danse, un chassé chassé, et son pas devint enfantin.
– «Super! » s’émerveilla Coco, «Allez, je suis le loup! Va en avant et quand tu es assez loin, tu te promènes les mains derrière le dos en sautant d’un pied sur l’autre et en chantant, d’accord? Quand tu appelles le loup je cours et j’essaye de te manger. » Pierre rit et dit d’accord. Il s’éloigna et puis se mit à sautiller en rase-mottes les mains derrière le dos et chanta, le bord de la tunique dansait et sautait sur les cuisses, et puis Pierre s’arrêta d’un coup et cria vers Coco en se penchant en avant et les mains en arrière:
– «Loup, loup, m’entends tu? Que fais tu? »
– «Je mets ma culo-ooott-teu- euh! » À vingt mètres environ Coco faisait mine de mettre sa culotte en riant. Et le jeu progressait ainsi, quelques passants, des couples de jeunes retraités les croisaient et souriaient. Mais la comptine s’écoulait inexorablement et le dénouement survint, implacable, Coco chaussa les bottes et s’écria:
– «Je vais te manger éé é….! » Coco exécuta un démarrage comme à l’athlé, Pierre n’avait pas couru tout de suite, il n’en n’avait pas eu le réflexe et quand il réalisa qu’il devait se sauver, Coco était déjà à dix mètres, il s’élança dans l’allée mais une dame avec une voiture d’enfants s’approchait et cette vision sans savoir pourquoi le ralentit, il sentit que le bas de la tunique remontait et découvrait ses fesses et, alors, bêtement, tandis qu’au judo on n’y prête aucune attention, il eu le réflexe de passer une main pour la remettre en place, il y perdit au moins trente secondes, ses espadrilles n’étaient pas non plus les meilleures pour la course, les pas de Coco se rapprochaient, il y avait une pelouse en pente douce sur la droite qui conduisait à un immense saule pleureur juste avant le plan d’eau avec les cygnes, il s’y précipita et dévala la pente pour se cacher derrière les branches larmoyantes qui balayaient le sol, il écarta les cheveux grisonnants de l’arbre et fit tomber quelques vieux chatons de l’été précédent, il courut vers le tronc mais Coco l’avait vu, il entendit son souffle, il fit le tour du tronc :
-« Hum! Ça sent la chair fraîche! Je vais te man-an-ger-er!! ! ». Il butta, tomba, se releva à quatre pattes, Coco le saisit à la taille :
– « Miam, miam ! » et elle se passait la langue sur les lèvres en montrant les dents, mais Pierre se dégagea par un artifice de judo, il était debout, le dos contre l’arbre, les bras autour du cou de Coco ; elle lui mis les main sur les hanches, les remonta jusque sous les aisselles et redescendit par le dos sur les fesses. Ils étaient comme sous une tente amazonienne, protégés, pas vus, pas pris. Pierre sentait l’écorce de l’arbre sur le dos, un chaton nouveau lui tomba sur le nez, Coco le regarda dans les yeux et répéta:
– « je vais te manger » Elle serra son corps contre lui et il sentit l’os du pubis sur le sien, Pierre crut se noyer et pour prendre sa respiration entrouvrit les lèvres, elle y passa la langue et lui roula une pelle comme sur la photo noire et blanc de la libération de Paris. Pierre ouvrit les yeux, oui il les avait fermés, il émergeait haletant comme après une plongée en apnée, il avait un goût de sel dans la bouche et comme un sentiment de naufragé repêché, il se mit à rire et elle aussi, il se sentait raccommodé comme Peter Pan à son ombre. « Allez vient! » lui dit Coco, elle était frémissante. Elle l’entraîna et ils franchirent la cascade de larmes vertes pour regagner l’allée.
– « On va faire les courses ! » Pierre avançait sans toucher le sol, il avait des ailes aux pieds, le léger vent le faisait trembler mais Coco le tenait fermement par la main, heureusement, il aurait pu être emporté comme un ballon d’enfants.
– «Oh la salope! Regarde moi le cul, elle est pour moi! Toi tu t’occupes du gringalet! Dacc?»
– «Chu pas unn’ pédale, connard! »
– «Moi j’te dis que c’est une fille déguisée en mec!»
– «C’est des gouines alors?» – «demande leur!»
– «En tous cas le mec y f’rait pas l’poids!»
Le gravier crissa derrière Coco et Pierre, ils sentirent des haleines, Coco fut poussée puis bousculée, Pierre sentit une main entre les jambes et il esquiva, par réflexe, comme sur le tatami et sauta sur le côté. Ils étaient quatre. Deux grands, l’un d’eux semblait plus âgé, il avait les joues grises et un pantalon de même couleur, l’autre aux joues rouges, sans doute plus jeune, portait un pantalon jaune pissard, les deux autres semblaient sortir d’un catalogue de vente par correspondance des années cinquante, l’un deux un peu gras, l’autre plutôt maigre.
– «On court!» Cria Coco, «Au pleureur! »
Pierre comprit, il se retourna et démarra en trombe en poussant le grand rougeaud qui lui avait mis la main, le pote du même rougeaud, plus petit mais plus gros regardait sans réaction Coco, déjà à plus de 20 mètres, déployant sa foulée de course. Pierre avait bien suivi, il dévala de nouveau la pente aux cygnes et s’engouffra sous la voûte de diamants verts, Coco l’avait attendu: «On les a semés, je crois, mais ils nous cherchent. On descend jusqu’à la rive, on court jusqu’au pont de pierres, et on passe de l’autre côté. Il y a une petite porte par où sortir. » Ils quittèrent l’abri en courant, passèrent sous le pont et traversèrent le ruisseau artificiel, à l’anglaise, qui alimentait le plan d’eau en sautant sur les pierres, c’est là que Pierre perdit une des balles de tennis, celle à gauche, elle était sortie de sa capsule comme un bouchon de champagne, avait glissé sur le ventre et puis plongé entre ses jambes, il la vit flotter et se cogner sur les petits rochers décoratifs comme une boule de flipper.
– « Laisse là ! » cria Coco. Il y avait un petit chemin de service à travers les bosquets japonais, il dépassèrent une remise de planches à moitié en ruine avec des champignons qui y poussaient comme des verrues, et se cognèrent contre la grille du parc. La petite porte s’ouvrait sans effort et ils se retrouvèrent rue des Lyciets. Ils attendirent un peu au coin du parc, au croisement avec la rue « du paradis perdu » et le bus arriva. Ils y coururent et y grimpèrent haletant, une mèche était sortie de la casquette de Coco et lui pendait devant les yeux, on aurait pu croire que Pierre, lui, venait de se coiffer avec un pétard. – «On a le feu au cul, on dirait …» leur dit le chauffeur en leur donnant les tickets, ce n’était pas le même qu’à l’aller. Pierre gardait la main sur le cœur. Ils s’assirent de nouveau sur la banquette du fond.
– « Retire la deuxième balle ! » lui dit Coco « Ça se verra moins. » Pierre jeta un œil sur les dos des quelques passagers et se remonta la jupe rapidement en découvrant ses dessous, il passa le bras et sortit la balle de tennis. Le bus démarra. Il se retourna et aperçut par la vitre arrière deux des crapules, visiblement essoufflées qui regardaient le bus partir. Un troisième les avait rejoints. Ils descendirent à l’arrêt suivant et firent leurs emplettes dans un épicerie de rue, quelques légumes, du thé, une boite de pois chiches et coururent pour le bus suivant. Ils le virent de loin à l’arrêt et puis démarrer indifférent à leurs appels alors qu’ils étaient encore à cinquante mètres.
– « Hé beh, va falloir marcher ! »
– « Pratique avec tes escarpins, toi t’as des bottines ! » Ils marchaient sur le bas côté de la route de Le Lumbres, mais Coco avait dit qu’on pouvait prendre un chemin de terre qui coupait jusqu’au bois Madeleine. Pierre jouait tout en marchant avec la balle, la lançant au ciel pour la rattraper d’une main et de l’autre, Coco avait libéré ses cheveux et enlevé le blouson, il faisait bon, elle le balançait sur une main et le jetait entre deux sur l’épaule pour le retirer et le valdinguer en l’air et le rattraper. Pierre rata une fois sa réception de balle alors qu’un bruit de moteur s’approchait et on entendit freiner. Pierre courut après la balle qui bondissait de l’autre côté de la route.
– « Où vous rendez vous ainsi mes demoiselles ? » La portière passager de la voiture, une berline grise argentée, s’était ouverte et un homme jeune avec des joues roses et molles, en cravate et costume, se coucha sur le siège en tenant la poignée intérieure d’une main et le volant de l’autre.
– « Le Lumbres ! »
– « Je vous y déposerai volontiers si tel est votre plaisir! » Il parlait un peu du nez et la lèvre inférieure pendait vers le bas, il avait prononcé le Plai de Plaisir en appuyant la langue dessus. Pierre lui, revenait avec la balle en sautillant.
– « Elle a l’air sportive votre copine ! »
– « Oui, elle fait du tennis ! » Coco s’assit devant et Pierre à l’arrière.
– « J’aime le tennis, nous avons assisté à plusieurs rencontres du tournoi l’an passé, est-ce que vous êtes au classement ? Dans le fond du classement ? Y être est déjà une performance mademoiselle ! Moi ce que j’aime dans le tennis c’est le crocodile Lacoste. Et donc vous êtes dans la couture ? Une nouvelle collection ? Intéressant ! Tenez ma carte, j’ai un ami à Londres qui pourrait vous introduire, vous savez Londres c’est la porte du monde, plus que Paris !»
Coco consulta la carte de visite et fouilla dans son sac pour lui donner la sienne.
– « Cocoricomode! Comme c’est élégant ! Ah, vous êtes au bois Madeleine, ma famille y a des droits de coupe. Vous savez, nous avons des métayers sur la côte près du cran aux oies, c’est la raison de ma présence sur cette route de campagne, mais je vais vous déposer à votre demeure.» Ils traversèrent Le Lumbres par le centre et suivant la route dépassèrent le bois Madeleine. Devant le portique du potager l’homme sortit pour ouvrir les portières.
– « Mon chauffeur est en vacance ! » Coco lui proposa un thé mais le soir tombait et « ses gens » l’attendaient à la métairie. Debout à côté des radis et des premières salades ils le regardèrent s’éloigner. Coco lu la carte : François Ferdinand Fladhault.
– « François Ferdinand ? »
– « Oui, François Ferdinand. »

L’eau bouillait sur la gazinière et il y avait comme une odeur de ratatouille, un couvercle en fer blanc tremblotait sur le petit faitout de fonte. Pierre trouva Fatimata au salon affalée dans le petit fauteuil, les mains sur la tête. La table était encombrée de feuilles crayonnées de signes mathématiques.
– « Alors ça marche ? »
– « Ben, j’en suis aux gendarmes ! »
– « Ah les suites ! Tu cours après les bandits ! »
– « Oui, mais plus je m’en approche et plus ils s’éloignent ! C’est une course sans fin ! »
– « Oui, il n’y a pas de limites ! » Fatima sourit et le regarda.
– « On dirait que tu t’habitues à être une fille ? » Pierre se racla un peu la gorge et répondit d’une voix grave :
– « Avec un mec comme Coco, on s’y fait ! » Ils passèrent en cuisine et Coco joua à la maman en servant les spaghettis :
– « Attention, faut tout manger ! Ne mets pas de sauce sur ta jupe Pierrette ! » Ce dernier bailla et dit qu’il irait bien se coucher, il passait la porte quand Coco l’interpella encore :
– « Il y a un pot au lait sur l’étagère si tu veux aller chercher le lait à la ferme demain matin, pour la tête tu peux prendre le petit coussinet du tabouret. »
– « Ah ouè ! Je te ramènerai en même temps un veau, une vache, un cochon et des poulets. » Pierre monta, fit chanter la marche, entra dans sa chambre de fille, mit sa chemise de nuit, se glissa entre les draps, il aimait bien les draps, ce sentiment de serrement du corps que l’on n’a pas avec une couette libre et puis fit de beaux rêves.

*

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